
Fruit du travail collectif mené par la compagnie Difé Kako, dirigée par Chantal Loïal, avec les associations du territoire, le certificat attestant de l’inscription du quadrille de Guadeloupe au patrimoine immatériel du ministère de la Culture, a été remis à 15 associations, jeudi 5 février, au Moule.
Un acte très symbolique. La reconnaissance nationale du quadrille de Guadeloupe, désormais inscrit au patrimoine immatériel du ministère de la culture, a donné lieu à la remise officielle du certificat, le 17 décembre 2025, au ministère de la Culture, à Paris. Une étape importante qui est venue ponctuer l’important travail effectué par Chantal Loïal, directrice de la compagnie Difé Kako, auprès des associations de l’archipel, avec Isabelle Calabre, chercheuse en danse, auteure de la fiche d’inventaire.
En clôture du Mois kréyol, organisé par la compagnie Difé kako, en Guyane, Martinique et Guadeloupe, depuis janvier, les associations de quadrille étaient conviées à la salle Robert-Loyson (Le Moule) pour une présentation du spectacle Moun Bakannal, suivie de la remise du certificat qui consacre leur engagement, depuis de longues années, à préserver la tradition du quadrille dans l’archipel. Un moment fort pour les bénévoles – danseurs et musiciens – qui contribuent à maintenir le quadrille vivant.
« Ce certificat appartient aux Guadeloupéens »
« Cette valorisation du quadrille de Guadeloupe permet de s’ancrer plus et encourage à poursuivre le travail, commente Chantal Loïal. Cette reconnaissance appartient à tous les détenteurs d’un savoir lié à la pratique du quadrille en Guadeloupe. La compagnie Difé kako a initié le projet d’inscription avec les personnes habilitées à le faire. Nous l’avons fait pour la Guadeloupe. Ce certificat appartient aux Guadeloupéens. »
Aux côtés de Chantal Loïal, Damien Heurtebise, Directeur des Affaires culturelles de Guadeloupe, Sylvia Sermanson, adjointe au maire du Moule, en charge de la culture et du patrimoine, du Dr Viviane Mélyon de France, présidente de l’association Amalgame Humani’s, partenaire du Mois kréyol, ont le certificat à 15 associations venues de toute la Guadeloupe (Vieux-Fort, Marie-Galante, Les Abymes…).
D’autres remises du certificat sont prévues, notamment aux associations qui n’ont pas pu être présentes au Moule et à celles qui en feront la demande.
Cette reconnaissance étant collectivement acquise, l’étape suivante portera sur la transmission aux plus jeunes.
« Plus de 75 % des personnes qui pratiquent le quadrille ont plus de 60 ans, rappelle Chantal Loïal. Le travail n’est pas fini : à Difé kako, notre cheval de bataille consistera à vulgariser le quadrille avec des manifestations régulières, notamment en amenant les jeunes vers cette tradition. »
COLONNE
Larèl Gwadjaka de Nicolas Nabajoth retisse le lien entre la Guadeloupe et le Bénin
L’exposition Larèl Gwadjaka du photographe Nicolas Nabajoth restitue les trois dernières années du festival Gwadjaka organisé par l’association Gwajéka au Bénin en juillet.
Par Tafari Tirolien
Les images sont poignantes. En noir et blanc, elles soulignent le caractère traditionnel des jeux d’antan pratiqués en Guadeloupe. L’exposition Larèl Gwadjaka revient sur le festival Gwadjaka organisé par l’association Gwajeka au Bénin depuis trois ans. L’association y présente les jeux traditionnels guadeloupéens aux Béninois afin de créer un échange culturel.
« Le festival démontre la similitude entre nos jeux et les jeux traditionnels du continent africain, explique Nicolas Nabajoth. D’autre part, cela nous permet de dresser une vraie iconographie de nos jeux, pour les préserver, mais aussi les présenter aux jeunes générations. »
Depuis le 15 janvier, l’exposition présentée au grand public et aux scolaires, est accompagnée de différents jeux à pratiquer sur place. L’objectif est de montrer aux plus jeunes qu’il est notamment possible de s’amuser sans écran tout en découvrant une partie de l’histoire de la Guadeloupe.
Le second objectif de l’exposition est d’établir une iconographie des jeux de Guadeloupe en les immortalisant. « Avec ce travail, nous voulons vraiment conserver ces jeux afin de les présenter aux plus jeunes et pour qu’ils ne disparaissent pas de nos habitudes. Nous avons même été contactés récemment par quelqu’un qui nous a parlé d’un jeu avec des noix de cajou. Nous irons à son domicile pour apprendre à y jouer et photographier le jeu pour le conserver ».
L’exposition a été présentée pour la première fois à l’occasion du festival Fèttijé de l’association Gwajeka, en novembre 2025. Elle se trouve désormais à l’espace e-rezo+.
Pointe-à-Pitre, rue Bébian, Centre de coopération E-Rezo+. Jusqu’au 14 février. Tél. 06 90 86 32 09 – 05 90 46 84 03.